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ACTUELLEMENT DANS LES SALLES

Tournée

Une femme plantureuse dévoile ses tatouages colorés. D’autres femmes dévêtues la rejoignent dans la vaste loge. Des rires éclatent. La musique s’en mêle. The show must go on...

Loin de m’être évident à première vue, le charme des protagonistes agit subrepticement. En organisateur faussement détendu, Mathieu Amalric mène ses danseuses (et son danseur) à la baguette magique. D’une ville à l’autre, il nous invite dans l’intimité de son iconoclaste troupe tandis que son personnage prend corps parmi les corps dénudés. L’humeur est à l’humour mais l’émotion trouve une belle place. À la mienne, je souris naturellement. Ce film est un petit nuage blanc qui fait oublier l’orage.


De : Mathieu Amalric 1h49

Avec (entre autres) : Miranda Colclasure, Mathieu Amalric, Suzanna Ramsey

Sex and the City 2

Cela fait 25 années que la volubile Carrie Bradshaw réside à Manhattan. Elle y a rencontré ses meilleures amies et ses plus francs succès. Cette histoire débute deux ans après le premier volet, dans lequel elle espérait convoler.

Le quatuor popularisé par la télé joue une partition familière et parfois mélodieuse. Le film s’en contente. J’avoue que ses airs d’interminable publicité pour l’office de tourisme d’Abu Dhabi m’exaspèrent un moment et que la vocation comique des dialogues m’échappe régulièrement, mais le temps passe discrètement. Je m’en serais néanmoins passé.


De : Michael Patrick King 2h22

Avec (entre autres) : Sarah Jessica Parker, Kristin Davis, Kim Cattral, Cynthia Nixon

When You're Strange

Un homme s’extrait de la carcasse d’une voiture. Jim Morrisson. Il marche le long de la route qui traverse le désert. Une voiture s’arrête. Otis Redding chante dans l’autoradio. Jim roule à tombeau ouvert.

Ce documentaire raconte les Doors de la naissance du groupe à la mort de leur chanteur, humanisant l’icône sans occulter le mythe. L’utilisation exclusive des images d’archives constitue à la fois la principale qualité et l'unique défaut du film car le grand écran ne rend hommage à leur âge avancé. En narrateur inspiré, Johnny Depp fait vivre les mots. J’ai l’étrange et agréable impression d’entendre Raoul Duke, son personnage dans Las Vegas Parano.


De : Tom DiCillio 1h23

Avec (entre autres) : la voix de Johnny Depp, Jim Morrisson, Ray Manzarek, Robbie Krieger, John Densmore, Little Blue Man

Crazy Night [Date Night]

Claire et Phil dorment paisiblement jusqu’à ce qu’une paire d’enfants ne prenne leur lit pour un trampoline. Une nouvelle journée dans leur existence routinière. La même qu’hier! Mais demain peut être un autre jour.

J’ai très envie d’aimer cette comédie concoctée par le réalisateur des Nuits au musée et portée par un duo sympathique. Le film débute doucement et c’est donc en guise d’échauffement que je souris timidement. La précaution s’avère inutile. Les dialogues décochés ne risquent pas de me décrocher la mâchoire. J’hésite d’ailleurs à m’en aller, malgré le défilé de visages familiers. J’aurais dû.


De : Shawn Levy 1h22

Avec (entre autres) : Tina Fey, Steve Carell, Mark Wahlberg

Dans ses yeux [El Secreto de Sus Ojos]

Un homme et une femme se séparent sur le quai d’une gare. Mais leurs adieux théâtraux ne satisfont le narrateur de cette histoire. Benjamin Esposito s’attelle ici à l’écriture d’un premier roman qu’inspire un douloureux passé.

Concerné par les initiales considérations littéraires, je me laisse aisément séduire. Accrocheur, le scénario ajoute à son éprouvante intrigue criminelle une belle intrigue sentimentale. Le rythme du film s’en trouve légèrement ralenti mais le suspense ne faiblit jamais. Et c’est effectivement dans les yeux de tous ses personnages que je distingue la magie de ce film.


De : Juan José Campanella 2h04

Avec (entre autres) : Ricardo Darin, Soledad Villamil, Guillermo Francella, Pablo Rago

My Name is Khan

Un homme étudie scrupuleusement les prochains déplacements du président des États-Unis. À l’aéroport de San Francisco où il achète un billet d’avion pour Washington D.C., on l’embarque avant qu’il n’embarque.

Je plonge sans retenue dans ce regard indien sur une Amérique qui effraie autant qu’elle fait rêver. Bien que profondément inscrite dans la réalité, l’histoire a tout du conte de fée. Je lui reproche parfois ses bons sentiments dégoulinants, sa naïveté confondante ou sa longueur déconcertante mais j’apprécie largement sa sensibilité, son humour, sa couleur, son extrême optimisme et son ampleur. Si Forrest Gump avait une suite, je l’appellerais My Name is Khan.


De : Karan Johar 2h35

Avec (entre autres) : Shahrukh Khan, Kajol Mukherjee-Devgan

Copie Conforme [The Certified Copy]

Au premier rang de l'assemblée qui attend l’arrivée de l'auteur-orateur, une femme ressemble à celle de l'affiche. Apparaît bientôt l’écrivain au charme grisonnant. Britannique, il s’exprime poliment en italien.

Une caméra inerte, un enfant irritant, une direction inconnue, un ennui mortel: passer le premier quart d’heure est une gageure. La suite récompense ma patience. Ce film plein de sens repose essentiellement sur le(s) langage(s). Hommage à la Toscane et voyage philosophique, le récit n’existe qu’entre les lèvres des comédiens. Je m’y pends alors, guette chaque mot, chaque soupir et vibre au moindre sourire.


De : Abbas Kiarostami 1h45

Avec (entre autres) : Juliette Binoche, William Shimell