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ACTUELLEMENT DANS LES SALLES

Agora

Pendant que les hommes s'entre-tuent au nom des religions dans l’Egypte romaine, une femme fait tourner les têtes et la Terre autour du soleil. Cette belle astronome s’appelle Hypatie.

Le début offre de belles promesses: une époque mal connue, un sujet bien audacieux et des dialogues spirituels. Le film, peu haletant, m’essouffle pourtant rapidement. Le tempérament violent des personnages nuit à les rendre attachants (exception faite de la femme, trop parfaite) et la répétition des scènes de massacre fatigue sérieusement. Dommage car la fin se révèle aussi tragique que magnifique.


De : Alejandro Amenábar 2h05

Avec (entre autres) : Rachel Weisz, Max Minghella, Oscar Isaac, Ashraf Barhom

Mensch

La nuit, trois voleurs tentent d’échapper à la maréchaussée. L’un d’eux y laisse ses ailes. Quelques décennies plus tard, un barbu à jumelles surveille tandis qu’un moustachu s’attelle à percer le coffre d’une chambre d'hôtel.

Je rentre dans ce film plus simplement que ne je n’ai déniché l’une des dernières salles qui le projettent. Il y fait froid comme dans ce polar hivernal qui navigue, à l’instar de son séduisant héros, entre drame familial et intrigue criminelle. Même si les rebondissements manquent d’ampleur, l’atmosphère sans chaleur s’avère captivante et le suspense évite tout engourdissement.


De : Steve Suissa 1h25

Avec (entre autres) : Nicolas Cazalé, Samy Frey, Anthony Delon, Sara Martins

Paranormal Activity

Micah vient d’acheter une caméra. En sus d’immortaliser le faciès de sa dulcinée, il projette d’installer le matériel dans leur chambre à coucher afin d’enregistrer les (étranges) phénomènes qui s’y produisent la nuit venue...

Les images tournées en caméra subjective (i.e filmées par l’un des personnages) se veulent suggestives. Mais l’homme sans foi que je suis n’y trouve jamais l’effroi. En revanche, je m’amuse franchement du quotidien de ce couple pantouflard qui s’affronte paisiblement au moment de se confronter avec le surnaturel.


De : Oren Peli 1h26

Avec (entre autres) : Katie Featherston, Micah Sloat

Max et les maximonstres [Where The Wild Things Are]

Max aime se déguiser en chat. C’est un enfant imaginatif mais dont l’agitation lasse parfois sa mère et sa soeur. Loin de chez lui, il rencontre quelques monstres loufoques et décide de vivre avec eux.

Après un début mollasson, l’irruption du garçon dans le monde des monstres m’emplit d’illusions. J’admire les bestioles et leur univers, l’ambivalence de ces personnages pleins d’humanité derrière leur apparence. Malheureusement, l’histoire ne mène ailleurs qu’au point de départ. Le gamin rentre chez lui, je rentre chez moi.


De : Spike Jonze 1h40

Avec (entre autres) : Max Records, Catherine Keener et les voix de James Gandolfini, Forest Whitaker

Vincere

Lorsque le jeune Benito Mussolini démontre devant une assemblée hostile que Dieu n’existe pas, son exaltation n’a d’égale que la fascination amoureuse qu’il exerce sur la belle Ida Dalser.

La seule signature du réalisateur m’a conduit dans cette salle. Enchanté par le souvenir de ses précédentes œuvres, je découvre ici une histoire minuscule (une femme se soumet à un homme mauvais) sur un fond majuscule (un peuple se soumet à un homme mauvais). Malgré l’italien qui chante, je déchante bientôt. Il fait nuit, je m’ennuie: sans effort, je m’endors.


De : Marco Bellocchio 1h58

Avec (entre autres) : Giovanna Mezzogiorno, Filippo Timi

Avatar

Jake rêve qu’il vole alors qu’il dort dans l’espace. Arrivant sur la planète Pandora en qualité d’ex-Marine estropié jumeau d’un défunt scientifique, il découvre une atmosphère hostile, une flore fluorescente et une faune inhospitalière.

Armé de lunettes de vue tridimensionnelle et d’un pessimisme à toute épreuve, j’affronte l’énorme production de l’année. Minablement vaincu, je tombe sous son charme malgré la débauche d’effets spéciaux, la vulgarité des couleurs et une forme devinable. J’aime cette aventure, son action, son ambition, son monde, ses créatures, sa pure imagination, sa lumière nonobstant l’ombre planante du céleste Miyazaki et son thème funeste: le paganisme écologique face à l’impérialisme économique.


De : James Cameron 2h41

Avec (entre autres) : Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver, Michelle Rodriguez

The Limits of Control

Rimbaud cité, un homme exécute des mouvements de tai-chi dans les toilettes d’un aéroport avant de laconiquement s‘acoquiner avec une paire de bavards polyglottes. Il file ensuite en Espagne échanger des boites d’allumettes et avaler des bouts de papier.

Un jeu de piste énigmatique. Une esthétique épurée. Des répliques aphoristiques. Une approche poétique. Cette histoire ne (me) parle que par intermittence et je contemple amèrement ce film contemplatif qui, ne s’emballant à aucun moment, ne m’emballe non plus. De ce réalisateur, de ces acteurs, j’attendais davantage que des ambages en images. Sans me déplaire, ce film ne me plaît pas.


De : Jim Jarmush 1h57

Avec (entre autres) : Isaach de Bankolé, Paz de la Huerta, Gael Garcia Bernal, John Hurt